Assar entame sa migration du bim vers le BIM

Hier

Architecte, CAD/BIM Manager et Partner d’Assar Architects, Didier Hoffman est la figure de proue de l’implémentation du Bim et de Revit au sein du bureau. Ses collègues et lui peuvent par ailleurs être qualifiés d’experts en matière de Building Information Modeling (BIM ou modélisation des informations pour la construction), tant en ce qui concerne la méthodologie que le logiciel utilisé.

Assar Architects a recours à la conception en 3D depuis 1987. Le bureau utilisait alors le logiciel belge Star Architecture et faisait en quelque sorte du « BIM avant la lettre », puisqu’il proposait déjà des plans et des visualisations à partir des modèles en 3D créés dans Star. Les éditeurs de Star Architecture avaient cependant d’autres priorités et ont changé d’orientation en développant notamment des outils de SIG Star n’était dès lors plus le logiciel adéquat pour gérer la complexité croissante des projets d’Assar.

Didier Hoffman s’est donc mis en quête d’un logiciel permettant d’obtenir une qualité au moins égale et, après avoir testé pratiquement toutes les solutions disponibles à ce moment, il a retenu Revit 9. Il n’était bien sûr pas encore question de BIM ni de gestion de bases de données à l’époque, mais Assar travaillait avec le logiciel 2D AutoCAD depuis quelque temps déjà et la possibilité de le coupler facilement à Revit présentait des avantages indéniables en matière de conception paramétrique et d’échange de données.

 

 

« Assar Architects a eu 30 ans. Mais ce bureau reste à la pointe de l’innovation  »

 

 

 


Aujourd’hui

Le bureau bruxellois ne pourrait aujourd’hui plus imaginer de travailler sans les logiciels Autodesk. Didier Hoffman a introduit Building Design Suite Premium, une suite très diversifiée qui, outre Revit, inclut des outils tels que AutoCAD, AutoCAD MEP, 3DS Max, Navisworks et Autodesk Inventor. Chaque collaborateur y trouve un outil dans lequel il peut se spécialiser, mais Didier Hoffman considère Revit comme le fil conducteur reliant les départements d’Assar.

Ses collaborateurs ont l’habitude de travailler en « piliers », en raison du haut degré de spécialisation lié à chaque phase d’un projet de construction. Certains architectes par exemple interviennent uniquement pendant la phase de conception, d’autres se chargent des permis d’urbanisme, tandis qu’un collaborateur d’un troisième « pilier » prépare la phase de construction etc…. Assar sélectionne pour chaque phase les collaborateurs les plus compétents, qui maîtrisent à la perfection les logiciels nécessaires.

En plus de ces collaborateurs ayant chacun des connaissances logicielles spécifiques, Assar peut compter sur l’équipe Revit Pro’, composée de 10 à 15 personnes qui transposent les projets de leurs collègues en modèles 3D détaillés. Pour Didier Hoffman, disposer de 15 spécialistes Revit sur un total de 120 collaborateurs n’est toutefois pas suffisant. Bien que le BIM ne soit pas encore aussi développé en Belgique que dans certains pays voisins, il espère que le « travail d’évangélisation » mené avec les autres experts portera ses fruits et que l’utilisation du BIM – comme de Revit – deviendra obligatoire. C’est déjà le cas aux Pays-Bas et dans d’autres pays, où le BIM fait partie des conditions d’attribution des marchés publics dans le bâtiment.

Didier Hoffman veut dès lors appliquer l’idée à Assar : tous les architectes du bureau suivent une formation ou une remise à niveau afin de pouvoir utiliser Revit et livrer d’ici peu tous les projets en Revit. Assar verrait également sa rentabilité augmenter, car il ne serait plus nécessaire d’emprunter des « voies détournées » pour passer d’AutoCAD 2D à la phase suivante du projet dans Revit. Toutes les étapes d’un projet se déroulent dans Revit, et chacun peut y collaborer comme il se doit.


La norme BIM

Aux Pays-Bas, le Rijksgebouwendienst (Service responsable des bâtiments publics) a défini la norme BIM. Cette norme est d’abord motivée par la nécessité de disposer d’informations concrètes, fiables et uniformisées concernant le parc immobilier. À travers cette norme, le Rijksgebouwendienst entend aussi contribuer à réduire les frais d’échec dans la réalisation, la gestion et l’exploitation des bâtiments en général. Selon Didier Hoffman, il n’est malheureusement pas encore possible de procéder de la sorte en Belgique pour l’instant.. Certains entrepreneurs, eux, ont en effet déjà pris conscience des énormes avantages du BIM et les maîtres d’ouvrage privés conditionnent aussi de plus en plus souvent l’attribution d’un contrat à l’utilisation du BIM. Mais la Belgique travaille toujours selon le ‘bim’ en lettres minuscules (pour reprendre les termes de Hoffman), alors que certains pays voisins ont depuis longtemps adopté le BIM avec majuscules.

 

« Les entrepreneurs, eux, ont déjà pris conscience des énormes avantages du BIM et les maîtres d’ouvrage privés conditionnent aussi de plus en plus souvent l’attribution d’un contrat à l’utilisation du BIM »

— Didier Hoffman, Architect, CAD- en BIM-Manager et partner Assar Architects

 


Du bim au BIM

D’après Didier Hoffman, la différence réside dans l’application des possibilités que le BIM propage et de celles qu’offre le logiciel. Autrement dit, avec le ‘bim’, on travaille dans Revit, mais seuls les intervenants dans la phase de construction se sentent pour l’instant concernés et / ou impliqués À l’inverse, dans le cadre du BIM, toutes les parties impliquées travaillent ensemble et simultanément sur le projet, à un stade très précoce. On utilise par exemple le nuage de points comme support pour le modèle 3D BIM en l’important dans Recap, et la base de données du projet est mise à la disposition du gestionnaire du bâtiment afin qu’il puisse, lui aussi, s’appuyer sur les connaissances accumulées et actualisées de manière structurelle pendant la phase d’exploitation et de maintenance. Une équipe gère donc un projet de A à Z.

 

 

 

« Les entrepreneurs ont déjà pris conscience des énormes avantages du BIM »

 

 

 

 

 


Demain

Didier Hoffman suppose néanmoins que la transition du bim au BIM se fera dans un avenir proche en Belgique. C’est juste une question d’acceptation, conclut-il. La table à dessin est restée pendant des siècles l’unique moyen de donner vie à des projets de construction et le passage aux logiciels 2D a provoqué une véritable onde de choc chez beaucoup d’architectes. Parallèlement, les entreprises sont confrontées à un impé- ratif : assurer leur viabilité. C’est ce même impératif qui motivera l’adoption du BIM.